Formation Rulyx · 5 min
Simulation Monte-Carlo en trading : à quoi ça sert vraiment
Une simulation Monte-Carlo rejoue ton plan de trading dans des milliers d’ordres possibles. Ce qu’elle montre, ses limites, et comment la lire.
Monte-Carlo en une phrase : rejouer tes trades dans un autre ordre
Une simulation Monte-Carlo prend les mêmes hypothèses et les rejoue des centaines ou des milliers de fois, dans un ordre tiré au hasard à chaque fois. C’est tout. Pas besoin de maths avancées pour comprendre l’idée.
Pourquoi l’ordre compte ? Parce que 10 pertes réparties sur 100 trades et 10 pertes d’affilée n’ont pas le même effet sur ton capital ni sur ton moral. Sur le papier, le total est identique. Dans la réalité, la deuxième situation peut te faire abandonner ton plan ou doubler ta taille par énervement.
La simulation te montre donc toutes les façons dont ton année pourrait se dérouler avec les mêmes règles. Certaines trajectoires sont calmes. D’autres commencent par une longue série de pertes. Ton plan doit survivre aux deux.
Ce qu’il faut lui donner : réussite, RR et risque par trade
Une simulation n’invente rien. Elle travaille uniquement avec ce que tu lui fournis. Trois réglages suffisent pour commencer.
Le RR (pour « risk/reward », le rapport entre le gain visé et la perte acceptée) se lit simplement : un RR de 2 veut dire que tu vises deux fois ce que tu risques. Si tu risques 100 €, tu vises 200 €.
Sois honnête sur ces chiffres. Le mieux est de partir de tes vrais trades passés, notés dans un journal, plutôt que d’un taux de réussite rêvé. Si tu débutes et que tu n’as pas d’historique, prends des hypothèses prudentes, puis teste aussi une version plus pessimiste pour voir ce qui change.
- Ton taux de réussite : la part de trades qui atteignent l’objectif, par exemple 45 %.
- Ton RR moyen : par exemple 2.
- Ton risque par trade : la part du capital perdue si le stop est touché, par exemple 1 %.
- Le nombre de trades à rejouer : par exemple 200, soit une année d’activité pour certains traders.
Ce qu’elle montre : la baisse depuis ton plus haut et les pires séries
Le résultat d’une simulation n’est pas un chiffre unique. C’est une fourchette. Tu vois les trajectoires les plus favorables, les plus défavorables, et toutes celles du milieu.
Deux informations comptent plus que les autres. La première : la plus grosse baisse depuis ton plus haut, c’est-à-dire l’écart entre le sommet de ton capital et le creux qui suit. La seconde : la plus longue série de pertes d’affilée rencontrée.
Un ordre de grandeur aide à comprendre. Avec 55 % de trades perdants, 8 pertes d’affilée n’ont même pas 1 chance sur 100 d’arriver à partir d’un trade donné. Mais sur des centaines de trades, les points de départ se multiplient et la série devient plausible. La simulation rend ce risque visible avant que tu le vives.
Ces chiffres ne sont pas là pour te faire peur. Ils te disent quelle douleur ton plan doit pouvoir absorber. Si la pire baisse simulée dépasse ce que tu acceptes de perdre au total, ce n’est pas le marché qu’il faut changer : c’est ton risque par trade.
Exemple fictif : le même plan à 1 %, 3 % et 5 % par trade
Exemple fictif : un plan avec 45 % de réussite et un RR de 2. En moyenne, chaque trade rapporte 0,35 fois la mise risquée (2 × 0,45 − 0,55). Le seuil de rentabilité d’un RR de 2 est de 33,3 % de réussite (1 ÷ 3). Ce plan est donc au-dessus, sur le papier.
Imaginons maintenant que la simulation tombe sur 13 pertes d’affilée, une série possible sur un grand nombre de trades. Chaque perte est calculée sur le capital restant. Le plan ne change pas. Seul le risque par trade change.
À 5 %, il faut presque doubler le capital restant pour revenir au point de départ. Le plan avait pourtant une moyenne positive. C’est la taille qui fait la différence, pas l’analyse.
- À 1 % par trade : baisse de 12,2 % ; il faut +14 % pour revenir.
- À 3 % par trade : baisse de 32,7 % ; il faut +49 % pour revenir.
- À 5 % par trade : baisse de 48,7 % ; il faut +95 % pour revenir.
Ce qu’elle ne fait pas, et comment bien la lire
Une simulation n’est pas une prévision. Elle ne sait pas ce que fera le marché demain, ne dit pas quel actif choisir ni quand entrer, et ne produit aucun trade réalisé. Elle suppose aussi que ton taux de réussite et ton RR restent stables. Dans la vraie vie, ils bougent : le marché change, ton exécution aussi. Donne-lui un taux de réussite trop optimiste, et elle te montrera des courbes trop belles.
Utilise-la comme un test de résistance, un crash-test. La question n’est pas « combien je vais gagner ? » mais « est-ce que mon risque par trade tient le choc si tout va mal au mauvais moment ? ».
Le réflexe naturel est de regarder la plus belle trajectoire. Fais l’inverse. Regarde les pires : la plus grosse baisse depuis ton plus haut, la plus longue série de pertes. Demande-toi si tu tiendrais vraiment, sans changer tes règles en route. Puis compare : lance la même simulation à 1 % puis à 2 % par trade. Si l’écart te fait peur, tu as ta réponse sur la taille à choisir.
Enfin, garde la simulation séparée de ton journal et de tes statistiques réelles. Un résultat simulé reste une hypothèse. S’il se mélange à tes vrais trades, tu finis par juger ton plan sur des chiffres qui n’ont jamais existé.
À retenir
Une simulation Monte-Carlo est un outil de prudence, pas de projection.
Elle sert à choisir ton risque par trade avant que le marché ne le choisisse pour toi. Voici l’essentiel.
- Elle rejoue les mêmes hypothèses dans des ordres différents, des centaines de fois.
- Elle montre surtout la baisse depuis ton plus haut et les séries de pertes possibles.
- Une simulation ne prédit pas ton avenir : c’est un crash-test de ton risque.
- Regarde les pires trajectoires, pas la plus belle.
- Ses résultats restent des hypothèses, jamais des gains, et ne remplacent pas tes vrais trades.
Tester ton plan dans le Bac à sable de Rulyx
Rulyx met le money management avant l’analyse. Son Bac à sable propose des scénarios guidés (1 % ou 5 % par trade ? la série noire ; RR ou taux de réussite ?) et une simulation Monte-Carlo de ton plan de trading. Tu vois comment ton cadre réagit aux pires séries avant de les vivre avec ton argent. Les fiches de Formation proposent aussi une simulation « À toi de jouer » pour manipuler chaque notion, de la série noire au couple RR et taux de réussite.
Rulyx ne donne aucun signal et ne passe aucun ordre. Tu peux l’essayer 15 jours sans carte bancaire, puis l’abonnement coûte 6,99 €/mois ou 69,90 €/an.
